Cet amour-là n’est pas comme les autres. Mais comment vous l’écrire avec des mots simples ? Parce que ces mots-là sont si beaux, qu’ils ne peuvent s’écrire. Là où l’oeil ne voit que des lettres formant des mots, qui forment des phrases, il ne perçoit pas la tendresse et l’amour qui ont présidé à la création. Il ne comptabilise pas les peurs, les angoisses, les regrets d’un point, d’une virgule. Il ne regarde pas les intentions secrètes, les frémissements de l’âme. Tenez, s’il vous montrait, vous ne verriez qu’un texte à l’encre bleue. Vous ne devineriez pas l’émoi de l’auteur, les heures passées à trouver la forme. Des papiers froissés, jetés au chat. Corrigeant là, modifiant ici, pour être compris avec amour, pour qu’il soit chaud. Des mots d’amour si fort qu’ils vous pénètrent et envahissent votre corps. Oui, avec, la musique des mots et des phrases que l’on chante. L’auteur, décrit, raconte, dessine, des images féériques, comme une soirée de bal et de lumière. Quand il arrête enfin, épuisé, haletant. Il attend tout entier l’amour de sa lectrice.

Cet amour là, n’est pas comme les autres. Je sentais bien qu’il se passait autre chose. À l’aube finissante, pouvais-je y croire encore ? Avec ce corps vieilli sur le dernier chemin, c’est là un peu plus loin,après le prochain virage, le dernier nuage. Et mon coeur est malade comment aimer encore. Depuis qu’il est tombé la foudre. Des poings qui se serrent et des larmes qui coulent. Je rentre en galère, la fièvre monte. Fébrile comme un enfant qui a perdu ses seize ans. Et toi qui danses sur mes mots, qui ne t’aperçois pas qu’il se passe quelque chose. Viendras-tu un jour en soie et en dentelle pour que notre nuit soit douce