Ministère de la Culture

Le 1° avril 2017, La Poste a édité un nouveau tarif concernant les livres pour favoriser la promotion de la langue française dans le monde – voir l’article 2 – Objet de l’offre – Accès de l’offre – Options.

Tout cela est très clair, tout au moins sur le papier, car dans les faits, il en est bien autrement. Les auteurs indépendants ont pris cette nouvelle disposition avec soulagement, puisque majoritairement les frais d’expédition absorbent totalement les droits d’auteur.

Dans ces conditions, les auteurs se demandent où est la promotion de la culture française, si l’on taxe les livres de manière à ce qu’ il ne reste rien pour vivre ?
Un livre oscille en moyenne à 3,80 gr emballage compris , la Poste taxe de 4,38 € cet envoi, car elle refuse l’application du nouveau tarif de 1,32 € pour la zone 1 – Union européenne et Suisse et pour la zone 2 – appelé, le reste du monde 2,20 €.

Alors, pourquoi continuer d’appliquer le prix 4,38 €. La France ne serait-elle plus dans l’Europe ? Ou, les Français seraient-ils écartés de leur propre culture ?
La Poste en pratiquant de tels tarifs crée une ségrégation culturelle sur la couche de la population la plus démunie. Je vous accorde que le raisonnement est paraphrasé et simpliste. Mais nous parlons de nourriture intellectuelle à 4,38 €, soit le prix d’un repas. Devrions-nous séparer la nourriture terrestre de la nourriture de notre cerveau. Manger ou apprendre ? Une marginalisation des droits à la connaissance ?

De plus je ne pense pas que pour la Poste ce soit une bonne opération financière, car à un certain seuil le prix est dissuasif et l’on préférera ne pas apprendre que de ne pas manger. Il faut parfois accepter de gagner moins sur un article et en vendre plus, les deux feront la paire.

Je suis né dans un bidonville de banlieue et je connais la frustration de ne pas avoir de livre. D’avoir honte de ne pas comprendre tel ou tel mot. L’accès à la culture essentielle qui est de lire ne doit pas être bloqué par un manque de moyen.
Pour les écrivains, outre le manque à gagner, c’est également une frustration de ne pas pouvoir transmettre leurs études.

En conclusion, Madame la Ministre de la Culture. Les lecteurs et les écrivains, vous seront reconnaissants de demander à La Poste, de pratiquer le tarif-1 sur le territoire français, car n’en déplaise à l’administration de la Poste, la France fait bien partie de l’Europe.

Veuillez agréer, Madame la Ministre de la Culture, mes respectueuses salutations.