Les réseaux sociaux rendent-ils plus con ?

Il n’y a qu’à échanger un peu sur Facebook pour se rendre compte du niveau général. Quelques fois on y trouve des raisonnements intéressants et des blagues tordantes, mais dans la majorité des cas on se rend accros à pardonnez moi l’expression à des conneries sans intérêt.

Les mots, les flashs, les photos, rebondissent comme des balles dans notre cerveau sans jamais s’y arrêter, nous l’avons tous ressentie à un moment ou à un autre.

Les raisons, nous les connaissons trop bien : le stress du travail, une vie hachée par les tâches quotidiennes, le manque de sommeil…

Une explication, peut venir éclairer autrement le phénomène et si Internet provoquait un big bang à dans nos petites cervelles ?

Des neurologues ont jeté le pavé dans la mare, déclenchant une énorme polémique l’été dernier dans les milieux scientifiques. « En l’espace d’un battement de cil à l’échelle de l’histoire du monde, expliquent-ils, nous nous sommes tous assis des heures devant un écran diffusant des images, des sons et des textes mélangés ensemble, sans réaliser la réelle étrangeté de cet outil. Ni l’effort inédit que notre cerveau doit produire en permanence pour réévaluer, réorganiser ce qui lui apparaît à l’écran ».  De nombreuses études ont démontré la capacité du cerveau à s’adapter, c’est ce que l’on appelle la « plasticité cérébrale ».

C’est donc certain, Internet modifie nos circuits neuronaux. Mais jusqu’à quel point ? Les instruments d’observation du cerveau ne sont pas assez performants pour le dire, mais le faisceau de présomptions est là : « L’écran irradie littéralement notre cerveau, et ce, des heures durant, observent-ils. Nous sous-estimons le temps que nous passons sur Internet, nous sous-estimons la gymnastique cérébrale que cela demande.

Tout dans la lecture – l’espace entre les mots, la forme des caractères, etc. – a demandé un effort progressif d’adaptation à notre cerveau. Le passage à l’écran semble naturel, mais il n’en est rien. » Le travail du cerveau consiste, schématiquement, à intercepter, mémoriser et traiter les informations qui lui parviennent depuis tous nos capteurs sensoriels (nez, bouche, oreilles…). Devant un écran, à l’évidence, c’est l’oeil qui est mis à contribution. Or, il est établi sans conteste que la connexion oeil-cerveau est peu adaptée à cette façon de lire : le temps de traitement d’une information visuelle est augmenté de plus de 30 % sur un écran ! « En conditions habituelles, lorsqu’il lit, l’oeil humain ne peut distinguer que quatre à six signes à la fois lors d’une “fixation oculaire” qui dure environ deux cent cinquante millisecondes. Devant un écran, l’oeil s’affole. Les signes sont beaucoup plus nombreux en termes de formes et de couleurs, ils surgissent, vous captent, sont furtifs et vous demandent une attention accrue. »

Voilà, à tous ceux qui passent des heures sur Internet, ne pensez-vous pas qu’il serait temps de s’enrichir par la lecture? D’apaiser son cerveau au lieu de se brûler les neurones. D’éviter les signaux que l’on vous envoie et de devenir un peu moins con